Un blog d'humeur et de quotidien...
J'ai lu récemment, ou devrais je dire "relu" (mais avec surement plus d'attention), le roman fantastique de Bernard Werber : "Les Thanatonautes" (du grec thanatos : la mort, pour ceux qui ne le savent pas encore, tant mieux, ils auront au moins appris un truc aujourd'hui).
Bernard Werber est cet écrivain français, vivant, qui a beaucoup fait parler de lui il y a une dizaine d'années avec sa série fracassante sur le monde des fourmis. Je ne crois d'ailleurs pas que le terme d'"écrivain" lui convienne si bien, je dirais, pour ma part ,plutôt "chercheur". Chercheur, oui, car ses histoires sondent à chaque nouveau roman les tréfonds de l'âme humaine. Qui vais-je? Où j'air? Dans quelle armoire? etc...
J'avais dévoré avec un grand plaisir la série des fourmis, lors de sa sortie, et avait lu aussi dans la foulée, les fameux thanatonautes, et je n'avais pas aimé. Pourquoi? Je ne saurais le dire, et on s'en fout.
Toujours est-il que je viens de le relire. Pourquoi, je ne saurais le dire, et on s'en fout aussi.
Petit avertissement , maintenant , tout de suite à qui aurait justement l'intention de lire ce livre bientôt: ne lis pas la suite car tu risquerais d'être énervé(e) puisque je vais parler, un peu, de la fin.
Bon, pour résumer, l'histoire, c'est que des mecs, deux au début, puis un peu plus, sont fascinés par l'idée de la mort. Ils veulent comprendre, (ils ont chacun leurs raisons propres) et cherchent. Nous avons tous, un jour ou l'autre entendu parler de ces personnes qui ont approché la mort lors d'un comas prolongé ou d'un accident grave, auquel ils ont survécu, bien entendu. Pour la plupart de ces évènements, les témoignages se recoupent : presque tous disent avoir vu une lumière blanche, attirante, au centre d'une spirale aspirante.
Werber est parti de ces histoires pour construire la sienne et a imaginé la suite. Ses deux héros vont, à force d'expériences , plus ou moins réussies (beaucoup de déchets , ou devrais je dire décès), réussir à construire un protocole expérimental de "voyage au pays de la mort" , dont on revient.
Eh oui, car là est toute l'essence de l'histoire, c'est que l'on connait le grand frisson, on approche l'inconnu, l'interdit, mais on peut en revenir.
Qui n'a jamais révé d'avoir la possiblilité de pouvoir dialoguer avec des êtres chers trop tôt disparus? Ou simplement de savoir ce qu'il y a après... Les héros de Werber le découvrent, et nous avec, car on y croit. C'est tellement bien fichu, alors comment douter?
A la fin du voyage, (et là, je saute des tas d'étapes, sinon, on en a pour des heures), chaque "prétendant à la mort" se retrouve face à des juges qui vont "peser" son âme. (cela se rapprochant , bien sur des croyances chrétiennes ).
Calcul mathématique, s'il en est. Exemple : tu as volé cette pomme à l'àge de 8 ans : - 10 points, ou : tu as aidé cette vieille dame à porter ses courses : + 30 points, ou encore : tu as contribué à construire cette usine qui a pollué toute la région environnante : - 100 points, etc...
Bigre ! ca donne à réfléchir tout ça, non ?
Parce qu'en plus, en fonction du nombre de points que tu obtiens après la "pesée", tu auras le choix de te réincarner selon ton score... En gros, si ta vie a été nase, que tu as été un gros beauf, que tu as battu tes gosses et trompé ta femme, tu pourras renaitre dans la peau d'un bébé né de parents alcoolos ou drogués, mais si tu as contribué à la richesse de l'humanité, que tu as créé des oeuvres d'art, donné naissance à des enfants bien dans leur peau, ou consacré ta vie au bien des autres, alors, tu pourras choisir de naitre dans la peau de Mère Thérésa (je résume, mais c'est un peu ça)
Toute l'idée est là. Pourquoi on est là, Comment? et quoi après?
Bien sur, dans le roman, quand tout cela est rendu public, le monde entier en devient écoeurant de bonté, de gentillesse et de pureté, mais n'est ce pas dans la nature humaine que de d'abord penser à soi même? Et c'est aussi dans la nature humaine que de désobéir. Un petit groupuscule de rebelles va donc se former, et ne vivre plus que pour transgresser les règles, des post-punks, en quelque sorte, tant ils sont dégoutés par ce "bien penser et agir" qui soudain gouverne le monde.
Je ne peux m'empécher là de faire un parallèle, même s'il est un peu scabreux, avec le courant "politiquement correct" américain qui nous envahit chaque jour un peu plus. Mais bon, cela ne regarde que moi.
Tout ça pour dire que la lecture de ce bouquin, m'a , encore un fois, et ça devient récurrent, donné envie de réfléchir un peu plus au pourquoi du comment.
La suite au prochain numéro
(oui, je sais, c'est facile comme conclusion, mais on fait ce qu'on peut) (et je fais ce que je veux, c'est mon blog ! na !)