Un blog d'humeur et de quotidien...
Dimanche après-midi, alors que nous étions en voiture en route vers le Club de tennis avec mon ami Jeff, j’ai vu un cirque, le cirque Zavatta, posé là, sur une étendue d’herbe au beau milieu d’une zone dite « d’activité » (traduire, centre commercial découvert géant comme il y en a partout, à part à Paris).
J’ai dit à Jeff : « Allez, viens, on s’arrête 5 minutes, on va voir les animaux ! ». Plutôt de mauvaise grâce (rien à foutre des animaux , moi… !) mais désireux de me faire plaisir, il a donc refait un tour de rond-point et nous avons été voir les animaux. Ce n’est pas que je sois la nouvelle Brigitte Bardot, ni une simple fana d’animaux, mais j’adore le cirque et les bêtes du cirque ( certainement encore un relent d’enfance, décidément !). Il y avait là, aux abords du chapiteau, un chameau, des poneys, quelques lamas et une grande cage avec des fauves. « Oh ! Des lions ! Viens ! on s ‘approche ! » « Pardon, messieurs dames, écartez vous ! Il a tendance à donner des coups de sabots quand il ne connaît pas ! » nous a lancé une voix derrière nous. Et là, un magnifique pur sang noir ébène, harnaché pour le spectacle se laissait mener jusqu’à l’entrée du chapiteau par son soigneur (la représentation était en train). Le cheval passé, nous nous approchons à nouveau de la cage aux lions et je les observe calmement tandis que Jeff tapote frénétiquement , comme à son habitude, des messages cryptés sur son téléphone portable, l’air aussi captivé par les lions que le serait une poule devant un tableau de maître. La cage (qui était en fait une remorque de camion aménagée en cage, mais grand luxe, hein, je vous rappelle qu’on est chez Zavatta !) était séparée en deux parties : une partie où trois lionnes magnifiques faisaient des allers et retours gracieux, et une autre, plus petite, dans laquelle était langoureusement allongé un lion à l‘altière crinière. Du premier coup d’œil, j’ai pu constater la forme exceptionnelle de ces animaux, manifestement bien nourris, le poil luisant et sain, ils avaient l’air en excellente santé tant physique que mentale. Si, si, on peut voir la détresse ou la tristesse dans les yeux des animaux comme dans ceux des humains, (vas faire un tour au zoo de Vincennes, et tu t’en rendras compte, là bas, un jour, un lion m’a demandé du cyanure, je l’ai lu dans ses yeux !). Les lionnes marchaient un peu, puis se relevaient, faisaient un tour, se reniflaient en passant, puis retournaient s’allonger dans un coin tandis que le lion, l’air totalement blasé, les observait du coin de l’œil. L’une d’entre elle s’est soudain approchée de la grille séparant les territoires des deux sexes et a appuyé son museau au niveau du lion. J’ai vu alors celui ci sortir de sa torpeur, relever prestement sa tête et approcher son museau de celui de sa belle. « Oh, regarde ! Ils s’embrassent ! » C’est vrai que c’était tendre, touchant, un tableau charmant… La lionne s’est alors allongée tout près de la grille de séparation, exactement parallèle à son « amoureux » et le ballet a commencé… Comment expliquer ce que j’ai alors eu la chance de pouvoir observer. Ma fille Alice, qui a 14 ans, a l’habitude d’écrire un peu partout (sur ses cahiers, ses cartables ou des post-its qu’elle colle ensuite un peu partout dans sa chambre) des petites phrases toutes faites, poésies d’ados, du style : « je voudrais être une larme pour naître dans tes yeux, vivre sur ta joue et mourir sur tes lèvres » … bon, on va dire que c’est de son âge ! hé hé. L’une de ces phrases dit à peu près : « s’aimer, c’est regarder dans la même direction ». Et c’est là où je voulais en venir car, assurément, en tout cas selon les critères d’Alice, ces lions s’aimaient. Tous les deux allongés, presque collés si ce n’était la grille, ils regardaient dans la même direction. Ils tournaient leurs têtes de concert, comme s’ils répétaient un numéro, à un rythme connus d’eux seuls et que je n’ai pu comprendre car rien ne justifiait dans l’environnement qu’ils la tournassent (zut, quel mot ! même pas sûre que ce soit la bonne terminaison, mais c’est d’un chic !). Ils relevaient la tête, regardaient à gauche, une petite pose, puis viraient à droite, une longue pose, alors leurs regards, toujours parfaitement réglés se portaient vers le haut, et hop, à gauche, et hop à droite… Leur gracieuse danse des têtes semblait ne pas avoir de fin, quand soudain, une des deux autres lionnes, s’est approché, le lion s’est levé, puissant et fier, l’a défié du regard et, car je l’ai vue comprendre qu’elle dérangeait, elle est repartie à l’autre bout de la cage. Puis le mâle dominant s’est réinstallé, exactement à la même place… mais la magie avait cessé, la danse des têtes aussi, comme si quelque chose avait été cassé. Qui était donc cette lionne « trouble-fête » ? La mère, la sœur jalouse ? Qu’a-t-elle trouvé à redire dans ce bien innocent ballet ? Personne ne le saura jamais. Mais qu’est ce que c’était chouette à contempler !